‘madeleine’



(exposition reportée)

avec
Alexandra Riss, Clarissa Baumann, Doyeon Gwon, Elisabeth S. Clark, Jenny Feal,
Yue Yuan, Emmanuel Tussore, Kihoon Jeong, Minja Gu, Namhee Kwon

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Photo © Scentys


PROCHAINEMENT …
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“ Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray, quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté; peut-être parce que, … , leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé… ”*
L’exposition intitulée madeleine, aborde les notions de la mémoire, du temps passé, du temps présent, du temps futur, du matériel et de l’immatériel. Les artistes présentés proposent chacun à leur manière leur interprétation, dont on peut tirer certaines rencontres. L’invocation des souvenirs, qui peuvent être travaillés comme des matériaux figés ou continus. Le travail sur la mémoire des êtres vivants ou non vivants, dans une perspective archéologique, essentielle ou historique. Les effets du temps, les paradoxes sur les sensations, la matérialité de l’objet sont pris en compte.

Alexandra Riss, née en 1992 à Clamart, vit à Paris et Tours. Elle obtient son diplôme en 2016 à l’Ecole Supérieure d’art et de design Tours – Angers – Le Mans. En 2019, elle expose au 64ème Salon de Montrouge où elle obtient le Prix Kristal. Les œuvres d’Alexandra Riss oscillent entre observation du réel et construction d’une fiction. Elle dispose souvenirs et objets qui l’entourent dans des compositions vibrantes, convaincue que le meilleur moyen de s’adresser aux autres est de partir de sa propre expérience. Dans cet espace de rêve, l’ensemble des objets sont des facettes d’une réalité intime de l’artiste. À l’image des faits héroïques qui fondent un personnage de légende, c’est la mise en scène évoquée, narrée ou juste imaginée qui révèle le pouvoir des choses. Loin de n’être que des accessoires, les objets deviennent acteurs, témoins, passeurs d’histoires muettes. L’œuvre est finalement tout cela : elle est une histoire, elle est du temps et des états successifs, elle est à la fois une présence matérielle et immatérielle.

Clarissa Baumann (1988) est une artiste née à Rio de Janeiro. Elle possède une double formation, étant diplômée de École Supérieure des Arts Décoratifs de Rio de Janeiro et de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris. Elle a aussi suivi une formation en danse contemporaine reçue dans l’Ecole Angel Vianna. Clarissa Baumann est lauréate du Prix des Fondations des Beaux Arts de Paris et du Prix ADAGP des Arts Plastiques en 2016 décernés lors du Salon de Montrouge.
Transitant entre le dessin industriel, les arts plastiques et la danse, sa recherche interpelle le lieu du corps et des actions quotidiennes au milieu d’une conception constructiviste et fonctionnel du monde. Prenant souvent la forme d’un jeu entre des processus éphémères et différents médias qui questionnent les limites entre le visible et l’invisible, son travail se construit à partir d’actions intervenant sur des contextes et des relations déjà existantes. Poussées jusqu’à leur dépassement ou jusqu’à leur disparition, les multiples dimensions du geste questionnent notre rapport à l’échelle humaine dans un monde contemporain chaque fois plus complexe : Quel est l’origine d’une action ? Quels sont ses déroulements temporels et spatiaux ? Jusqu’où est-elle visible ? Comment continue-t-elle à exister ?

Doyeon Gwon est un artiste coréen, né en 1980, qui vit et travaille à Séoul. Il a suivi un cursus en littérature germanique à l’université Hanyang puis a obtenu un diplôme en arts photographiques à l’université Sangmyung de Séoul, en 2016. En 2019 son travail a été récompensé par le Ilwoo Photography Award. Gwon explore les relations entre le savoir, la mémoire, le visuel et le langage à travers le médium de la photographie. L’artiste exprime les sujets qui se transforment en perdant leur fonction première en tant qu’objets de photographie. En ne laissant que l’enveloppe extérieure, cet objet entre en harmonie avec sa temporalité. Doyeon Gwon utilise moins le médium de la photographie pour archiver le temps qui composé de matérialité, que pour revisiter l’objet de photographie qui a servi d’archive.

Elisabeth S. Clark, née en 1983, vit et travaille à Londres et en France. Elle est diplômée de la Slade School of Fine Art en 2008, et du Goldsmiths College (Londres) en 2005. Sa participation à la Biennale de Lyon 2017 “Les Mondes Flottants” a été remarquée.
La pratique artistique d’Elisabeth S. Clark s’engage dans des processus de traduction, à la fois physiques et linguistiques, favorisant une perception sensible de notre environnement et des espaces que nous occupons. En transformant la poésie en une expérience visuelle, sensuelle et imaginative, elle propose de reconsidérer la matérialité du langage même ainsi que l’expression qu’il suscite. De cette façon, le langage va au-delà de lui-même pour voir, penser et ressentir dans l’immobilité.

Jenny Feal (1991, La Havane) obtient un Master de l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Lyon en 2016, ville où elle vit actuellement. La manière année, elle fut lauréat du Prix Renaud pour son installation Te imaginas. Ses oeuvres ont été exposées au MAC Lyon lors de la Biennale de Lyon “Là où les eaux se mêlent”, en 2019. Pour elle, les objets participent de notre vie ordinaire et témoignent d’un parcours non seulement physique ou fonctionnel, mais aussi symbolique. Par leur reproduction ou leur détournement, une distance et des expériences d’étrangeté sont provoquées chez le spectateur. La fine frontière entre l’intime et le collectif est établie par l’introduction de thématiques et d’objets banals du quotidien chargés de plusieurs dimensions : symbolique, historique, sociale et politique. Cuba est pour l’artiste un référent et une source inépuisable.

Yue Yuan est né en 1989 en Chine. Il vit et travaille actuellement à Paris. En 2019, il a obtenu son diplôme à l’École nationale supérieure des Beaux-arts de Paris. En 2019, l’artiste a remporté le Prix Agnès b. pour l’art contemporain. Il a été sélectionné pour la 68ème édition de Jeune Création (2018) et le 65ème Salon de Montrouge (2020). Yue Yuan cherche à donner une attention particulière aux moments triviaux de la vie quotidienne. C’est en effet la notion de perception spatiale qui conduit toute l’oeuvre, déployée en installations, photographies, actions et sons. Dans son parcours, la reconstruction de l’expérience urbaine est accentuée dans ses interventions sur place, il tisse un lien fort avec son contexte. Ces histoires, à travers ses observations personnelles et son engagement conceptuel, mettent en scène la vie quotidienne dans un univers de l’absurdité, de magie, de poésie et d’humour.

Emmanuel Tussore, né en 1984, est un artiste français. Formé à l’Institut d’Estudis Fotografics de Catalunya à Barcelone, il a reçu en 2018 la mention spéciale du Prix Levallois – Jeune création photographique internationale. Il s’intéresse à la notion de déplacement et bouscule l’idée même de frontière. Sa pratique mêle photographie, vidéo, sculpture, dessin, installation et performance. Tussore se nourrit de l’histoire et de son actualité pour proposer sa vision d’un monde tragique, dans lequel la notion de disparition est prépondérante.

Kihoon Jeong est né en 1980 et vit et travaille actuellement à Séoul, en Corée du Sud. Son oeuvre a fait l’objet de plusieurs expositions à Art Sonje Center, Kumho Museum of Art et Seoul Museum of Art, Séoul (2015), Incheon Art Platform (2014), Art Space Pool et Songeun Art Space, Séoul (2011).
Le monde de l’œuvre de Kihoon Jeong concerne une attitude / action unique qui résiste à un système énorme, à des groupes standardisés, à une culture unifiée et à une réglementation forcée. Ses travaux dévoilent de manière poétique les histoires de temps et de travail, mais affrontent de manière subtile la structure sociale compétitive qui impose célérité et efficacité. En utilisant les outils de construction avec la vitesse pendant les heures de travail, Kihoon Jeong, détruit, dissout, disloque et moud des objets ordinaires à travers des gestes répétitifs.

Gu Minja, est une artiste née en 1977 qui vit à Séoul. Elle a d’abord suivi une formation en philosophie à l’université Yonsei et fut diplômée de la Korean National University of Arts. Elle était en résidence au ISCP studio program, à New York (2011) et au HISK Gent (2015). Minja Gu a reçu le 10ème Annual SongEun Art Award. En 2018, elle fait partie de la sélection de quatre artistes pour le Korea Artist Prize, un prix annuel assorti d’une exposition organisée par le MMCA ( National Museum of Modern and Contemporary Art, Korea) et la SBS Foundation.
Son travail se compose principalement de performances et vidéos qui revisitent les idées relatives à des objets universels de l’expérience humaine comme le travail, le temps, l’amour. Ses oeuvres nous défamiliarisent des idées reçues perçues comme vérités absolues. L’expérience personnelle de l’artiste dans des lieux de résidence divers, en particulier dans des villes où l’heure d’été est appliquée pour des économies d’énergie, l’a mené à explorer son intérêt pour l’artificialité de la civilisation qui déteint sur le temps, élément naturel.

Namhee Kwon, née en 1971, est une artiste coréenne qui vit et travaille à Paris. Diplômée en 1997 de l’université Hongik de Séoul, elle est ensuite diplômée du Goldsmiths College de Londres en 2002. Elle a bénéficié d’une exposition personnelle A Writer’s Diary à la Cite Internationale des Arts, Paris (2015) et en 2019 au Tenderbooks à Londres. Namhee Kwon est une artiste conceptuelle, intéressée dans la représentation littéraire et des impression poétiques de la vie quotidienne à travers un langage visuel, et utilisant le texte et les symboles afin d’altérer les perceptions visuelles de son environnement.

* PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-145

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